Fast fashion, je te boycotte !

fast fashion

 

Lorsqu'on est passionnée de mode mais pas pleine aux as pour autant, acheter de la fast fashion nous semble a priori être un bon compromis... Pourtant c'est en "Fashion-addict repentie"  que je me présente ici aujourd'hui. Mon éclat de conscience s'est pointé lors d'un tri sans pareil ! Tiraillée entre overdose, honte, culpabilité, et un soupçon de schizophrénie parfois aussi, j'ai commencé à me poser des questions. Beaucoup de questions ! Avais-je vraiment acheté toutes ces pièces ? Combien en avais-je réellement porté? Pourquoi tous ces vêtements? Comment j’avais pu accumuler une masse de tissus aussi importante?! (D’aussi loin que je me souvienne, mon appartement n’a jamais eu la capacité du sac de Mary Poppins !?) Quel était le coût total de tout cet amas de chiffons qui comblait certes mes envies futiles mais qui m’était, soyons francs, d’aucune utilité ?  La question de la provenance a également émergée...

D’où venaient mes vêtements... ? 

 

J'ai fait des recherches. Et contrairement à ce que nous vend la mode occidentale, les réponses étaient bien moins strassées et pailletées...

 

Les dangers de la Fast Fashion

 

Chaque année et à l’échelle mondiale, près de 130 milliards de fringues sont produits. Une personne lambda consomme en moyenne 20kg de vêtements neufs par an. Pourtant elle ne porte finalement que 30% de ce qu’elle possède. Le reste en général, elle s’en débarrasse. Plusieurs millions de tonnes de textiles sont jetés en décharge par an. Alors que dans les grandes villes 80% des vêtements que l'on jette sont réutilisables. Dans cette ère de consommation intensive décomplexée, notre taux de consommation et de rejet de vêtements contribue à produire des déchets en masse. -  ça déborde de partout ! - Et malheureusement, il nous est complètement impossible de tout recycler ! Notre façon actuelle de surconsommer la mode impacte considérablement l'environnement et notre santé...

 

Fast fashion et pollution de l'environnement

 

Augmentation de l'empreinte carbone

On n'y pense pas lors d’une virée shopping entre copines. Mais LES VÊTEMENTS POLLUENT !  Les fibres les composant sont majoritairement issues de la pétrochimie ou du coton. En matière de fibres synthétiques, le polyester est utilisé de façon accru. En émettant jusqu'à trois fois plus de dioxyde de carbone que ses analogues, il participe donc grandement à l’augmentation de l’effet de serre. Et pouvant prendre des centaines d'années à se dégrader, il reste pourtant un matériau très prisé de la fast fashion.

Utilisation excessive de produits chimiques

Pour que un rendement plus productif, des engrais, pesticides et herbicides sont ajoutés besoin d’une grande quantité d’eau et  Malheureusement, une fibre s'imbibe de substances chimiques à chaque étape de sa confection: Des lubrifiants à la filature afin de la préparer. Puis des addictifs au tissage pour la rendre plus résistante. Ou encore des colorants et métaux lourds au moment de la teinture ou de l’apprêtage pour l’anoblir...

Surconsommation et pollution de l'eau

Bien évidemment, toute cette petite mixture est brassée avec dans des quantités astronomiques d’eau ! Cette eau souillée est bien entendu rejetée et se repend dans nos cours d’eau ! A l'échelle mondiale, 20% de l'eau polluée trouve son origine dans l'industrie textile aujourd'hui... Ces millions de tonnes de produits toxiques déversées impactent considérablement notre environnement... Et nos lavages à répétition n'arrangent en rien la situation.

 

 

Fast fashion et conditions de travail méprisantes

 

Une fast fashion au raisonnement économique

Le souci de la fast fashion est de toujours produire plus, plus vite et à moindre frais. Elle s'associe donc toujours avec les zones de production les moins chères, pour répondre à ces objectifs. Soit, les pays en développement. La Chine est le premier producteur mondial. Mais le Vietnam, le Bangladesh, l’Inde ou encore la Turquie sont également des zones très prisées.

Des travailleurs exploités...

Guidée par sa soif de profit, elle se soucie très peu des conditions de travail des ouvriers qui s’attellent à ce marché de masse. Les femmes sont en majeure partie les employées de ce type d'industrie. Le travail y est pénible. Le salaire plus que modeste. Beaucoup s'imposent donc de NOMBREUSES heures supplémentaires. Dans certains cas, des situations aberrantes voient le jour. Comme à Zhongshan, près de Hong Kong où des salariés vivent et travaillent sept jours sur sept dans un quartier d’usines textiles.

... Et en danger

Dans ces pays, la précarité, l'insalubrité et l'insécurité ne font qu'un. Des situations plus dramatiques apparaissent alors. Je pense notamment à la catastrophe du Rana Plaza en 2013, au Bangladesh. Cet immeuble regroupant des ateliers de confection d'enseignes internationales s'était effondré. Provoquant ainsi la mort de milliers de travailleurs.

Des enfants également exploités

L'exploitation des enfants vient également s'ajouter à ces préjudices. Les moins de 18 ans constituent 60% de la population exerçant dans l'industrie de la mode.

 

 

 

Fast fashion et risque pour notre santé

 

Lecteur assidu, si tu as lu scrupuleusement cet article jusqu'ici, ce paragraphe ne devrait pas être un scoop pour toi ! Car oui en effet, l'abondance excessive de substances toxiques dans nos vêtements est bien nocive pour notre santé.

La santé des travailleurs mise en danger

Celle des ouvriers (exploités) d'une part qui s’exposent d’autant plus quotidiennement à cette pollution. Je pense par exemple à ceux travaillant dans l'industrie du cuir ou du jean. Obnubilé par leur beauté, on l'oublie souvent. Mais la fabrication de ces intemporels de notre dressing nécessite un recours important de substances chimiques nocives. Pour ne citer qu'eux, le chrome IV ou encore l'acide caustique dans le processus de tannage ou de coloration. Et de façon générale, les travailleurs disposent rarement de protection face à ces émanations... En conséquence ils s'exposent quotidiennement à des infections et cancers en les inhalant.

La santé des consommateurs également en danger

Les produits chimiques se révèlent d'autres part être dangereux pour nous autres, les consommateurs. Certaines substances utilisées pour les teintures, (les fixateurs de couleur) s’avèrent être allergisant ou perturbateur endocrinien. Je pense essentiellement au nonylphénol (NPE) qui est employé au moment du nettoyage, rinçage et teinte du tissu. Lorsqu'il se décompose dans la nature, ce dernier peut même s'avérer être cancérigène.

En conclusion...

 

Malgré notre génération ultra-connectée, nous n'avons jamais autant été centré sur nous-même... Or nos choix de consommation ne nous impactent pas uniquement singulièrement... Ils bouleversent à l'échelle mondiale, notre environnement et les moyens de subsistance de millions de travailleurs de l'autre coté du globe.

Comment parvient-on à fermer les yeux avec tous les moyens de communication dont nous disposons aujourd'hui ? 

Je pense qu'il est nécessairement important de repenser notre façon de consommer la mode. De repenser notre façon de consommer dans sa globalité. La mode est cyclique ! Et on dispose aujourd’hui de suffisamment de vêtements pour couvrir l’ensemble de la planète... Pourquoi en produire en masse encore et encore aujourd'hui ?! Acheter de la fast fashion, c'est financer la perpétuation d'un système déplorable. Essayons tous en cœur de composer avec ce qui existe déjà. Je pense qu'il est encore possible de réduire ces effets néfastes, si on fait tous le choix d'un mode de vie plus slow et durable. Il est possible de trouver son bonheur dans un mode de consommation « alternatif ». J'en suis persuadée ! Arrêtons à tout prix de vouloir nous adapter aux diktats des tendances mode et à la société de surconsommation de façon générale. Devenons consom'acteurs !

Je conclurais cet article ici…  Je remercie celles et ceux qui m’auront lu jusqu’au bout. Je serais vraiment ravie d’avoir vos retours, d’échanger avec vous en commentaires sur ce sujet qui me tient énormément à cœur ! Pour, contre, mitigé(e)s par cet article, ouvrons le « débat » !

Quelle est votre vision de la mode? Seriez-vous prêt(e)s à changer vos habitudes de consommation ? OUI ou NON et pourquoi ? 

 

Eco xoxo !

Anneline